Les  graines  de  Sarracenia


C'est le mode naturel de reproduction des Sarracenia. Le pollen est transporté sur les organes femelles des fleurs par les insectes, généralement du genre hyménoptère (abeille...). En culture, si les plantes sont à l'intérieur (serre, véranda…), il est possible que les fleurs ne seront pas ou peu pollinisée. A l'extérieur, les fleurs produiront certainement des graines mais il sera alors très difficile, voire impossible de déterminer avec certitude les parents. Le risque de diffuser par la suite des graines mal identifiées et d'introduire dans les collections des taxons incorrects est grand. Pour éviter des confusions très préjudiciables, il convient donc de respecter quelques précautions :


 

La pollinisation des fleurs de Sarracenia.                     

Dés que les 2 fleurs sélectionnées pour la multiplication sont bien ouvertes et présentent la forme caractéristique en parapluie renversé , il sera nécessaire de les isoler des insectes en les entourant d'un morceau de gaze fixé à la hampe florale à l'aide d'un petit lien. Prélever avec un petit pinceau à aquarelle ou avec un coton tige, le pollen qui est dans le fond du parapluie  ou sur ses étamines de la première fleur et le déposer sur les 5 stigmates de la fleur réceptrice. Répéter cette opération 2 à 3 fois par jour à différentes heures si possible et ce pendant 4 à 5 jours. Cette méthode permettra d'obtenir un nombre important de graines. Si un peu de pollen tombe dans le fond du parapluie de la fleur réceptrice, il ne faut pas tenter de le ramasser ni de le redéposer sur les stigmates. Immédiatement après chaque manipulation, les fleurs seront à nouveau recouverte de leur gaze. Le pinceau utilisé sera clairement identifié et ne servira que pour cette fécondation. A l'issue, un bon rinçage à l'eau tiède suivi d'un séchage complet, permettra de le réutiliser pour une autre fécondation. Les cotons tige sont à usage unique et seront jetés. Une étiquette, attachée par exemple à la hampe florale Exemple d'étiquette à confectionner à l'aide d'un bout de fil à lier et d'un morceau d'une étiquette à planter. On peut aussi écrire au feutre fin indélébile directement sur la hampe florale(avec de bons yeux!, indiquera le nom de la plante dont est issu le pollen.

   La fleur réceptrice perdra rapidement ses pétales et va se redresser jusqu'à la verticale. Cette position semble indiquer aux insectes que la fleur est déjà fécondée, les dirigeant alors vers une autre fleur ou vers les pièges. La capsule contenant les graines va mettre plusieurs mois pour mûrir et c'est généralement vers la fin août, début septembre, que l'on peut récolter les graines. Le moment le plus propice est lorsque la capsule change de couleur et passe de verte à brun. Après avoir coupé la hampe florale, détacher la capsule et la presser avec les doigts, au-dessus d'une feuille de papier, pour évacuer les graines. La couleur des graines varie selon les espèces, elles sont généralement de couleur beige ou marron et assez grosses. Comme pour toutes les graines, il faut absolument éviter de les toucher avec les doigts lors des manipulations. Lorsque toutes les graines seront récoltées et débarrassées des différents débris, elles seront mises à sécher, toujours sur la feuille de papier, pendant 2 à 3 jours. Elles seront ensuite conservées dans des petites enveloppes Confection des enveloppes. en papier sur lesquelles il est important de noter le croisement (ou le nom de l'espèce) et la date de la récolte. Les sachets devront être stockés dans le réfrigérateur à 5 - 7°C jusqu'au mois de février/mars, période du semis. Le passage au réfrigérateur à pour but de stratifier les graines en fragilisant leurs enveloppes et d'assurer ainsi un fort taux de germination. Il leur permet également de conserver plus longtemps leur pouvoir de germination. Il n'est pas rare de voir des graines germer correctement après 2 ou 3 ans de stockage.

Voir le tuto...

Fécondation

 

Fécondation
Fécondation

 

Fécondation
Fécondation

 

Fécondation

Fécondation

 

   

 

 

 Le semis. (haut)

Avant de semer les graines, à la fin de l'hiver ou au début du printemps, il est peut être nécessaire de les réhydrater mais ce n'est pas obligatoire. Elles seront donc mises à tremper dans de l'eau tiède pendant 2 à 3 jours en les remuant de temps en temps. L'idéal est qu'elles coulent au fond du récipient mais ce n'est pas toujours le cas. On peut également les placer entre 2 feuilles de papier essuie-tout et disposer l'ensemble dans une coupelle remplie d'eau (c'est le plus pratique). Le semis s'effectuera dans un pot ou un bac rempli de tourbe pure détrempée et conservé au chaud (20°)sur une soucoupe pleine d'eau. Les graines doivent être à peine recouvertes de tourbe et légèrement tassées. Un maximum de lumière, sans soleil direct, activera la germination et une pulvérisation de fongicide préviendra les moisissures. Après 5 à 6 semaines, les premières plantules apparaîtront. Si la levée est peu abondante ou nulle, il ne faut pas se débarrasser de la potée car la germination survient souvent l'année suivante.

    Le repiquage peut s'effectuer dans le substrat de culture classique dès que les plantules ont produit 2 à 3 feuilles. Le  repiquage est une opération délicate car les racines sont fragiles. Il ne faut jamais tirer dessus. Le mieux est de prélever la plantule avec un peu de tourbe à l'aide d'une pince brucelles et de replanter le tout dans le pot de culture. Certains collectionneurs sèment directement les graines dans de la sphaigne  finement hachée. Si les résultats obtenus sont excellents, il est malgré tout difficile de contenir la pousse de la sphaigne qui fini par étouffer les plantules et lors de la taille  ont  à toutes les chances de couper autant de sphaigne que de plantes !

    J'ai pris l'habitude de semer les graines dès la récolte. Elles germent très rapidement et poussent volontiers en profitant de la lumière et de la chaleur de l'automne. De cette manière, on gagne pratiquement un an de culture  par rapport à un semis de printemps. Détail intéressant, car la plante ne sera adulte qu'après 3 à 4 ans de culture. J'ai également essayé, moyennant quelques précautions, l'utilisation d'engrais avec des plantules de Sarracenia flava "red". Le résultat est probant,  après une année de culture :les plantules sans engrais mesurent une dizaine de cm et ont produit 4 à 5 feuilles; Celles qui ont  bénéficié de l'apport d'engrais atteignent 20 cm avec une multitude de feuilles. L'engrais utilisé est de l'osmocote (NPK:4-4-4) disposé au fond des pots et recouvert par le substrat. Il ne faut en aucun cas, lors du rempotage, que les racines soient en contact avec le produit. La quantité se limite  à 3-4 grains d'engrais maximum. L'engrais se libère très doucement et est en théorie sans danger pour la plante, sauf si la température dépasse le cap des 40° ou il y à un fort risque de libération totale d'un seul coup. La plante devient alors très verte, les extrémités des feuilles jaunissent et elle finie rapidement par mourir. Dès les premiers signes d 'accident, c'est trop tard. Le lavage complet des racines et le rempotage dans un substrat classique ne la sauveront pas. Prudence donc !

   De même, la pulvérisation d'engrais directement sur les feuilles est possible et bénéfique. Choisir un engrais pour orchidées, ne pas dépasser la dose et l'appliquer 2 fois par mois pendant la saison de pousse en préservant au mieux le substrat car la tourbe n'apprécie pas du tout l'engrais. Bizarerie!

 

Le semis Le semis
Le semis Le semis
Le semis Le semis
   

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